Article du Sud Ouest datée du 25/03/2019

Le miscanthus, une plante d’avenir

PHOTO J. W.
 

Quand tout le monde s’apprête à semer, Franck Lahitète, 40 ans, agriculteur à Came, est sur le point de récolter. Plantée de miscanthus ou « herbe à éléphant », sa parcelle de 4 hectares, située dans l’arrondi de la Bidouze, fait tache au milieu des champs nus de terre lourde.

Herbacée vivace originaire d’Afrique et d’Asie du sud, la plante surmontée d’un plumet est élégante. Fine comme un roseau, elle atteint 3 à 4 mètres de haut. « Je ne la cultive pas pour faire joli », dit Franck Lahitète en riant. Réagissant à l’annonce de l’interdiction future des phytosanitaires, il a voulu se lancer dans une initiative agro-écologique unique. « Le miscanthus offre un intérêt certain pour les secteurs agricole, industriel et de l’énergie, souligne-t-il, en raison de sa productivité et de sa valeur énergétique. » Il offre une excellente alternative au bois ou au mazout, avec un pouvoir calorifique proche de 5 000 KWh par tonne.

Démarchage local

La plante cumule les bons points. Elle nécessite peu de travail : le miscanthus se plante une fois pour 20 à 25 ans et pousse tout seul. « C’est commode pour moi, qui parallèlement travaille en usine à Dax », explique Franck Lahitète. Sauf la première année, le miscanthus n’a besoin ni de désherbant ni de fertilisant. Sa haute densité est intéressante avec quelque 15 000 pieds par hectare. Il aime l’eau, mais résiste sans problème à la déshydratation à partir de son rhizome non invasif.

Paillage des sols en horticulture, litière ou complément alimentaire pour les animaux, fabrication de béton : les usages sont multiples. Pourtant, dans l’Hexagone, le développement du miscanthus reste atone. Il nécessite ses propres filières. Franck Lahitète, qui n’a pas oublié les leçons de ses études commerciales jadis à Toulouse, a entamé un démarchage local. Collectivités, entreprises et particuliers : des pistes semblent se dessiner au Pays basque et dans le sud des Landes.

À quelques jours de sa première récolte, le pionnier mise sur l’avenir. « Au regard des enjeux écologiques actuels, le potentiel est considérable. »

J. Weber